La lutte intégrée, ce n’est pas compliqué. La recette est simple et éprouvée. Voici un résumé des étapes à franchir.

A) Connaissances

Avant de poser quelque action que ce soit, la lutte intégrée se base sur les connaissances du producteur agricole et de ses conseillers. Il faut bien connaître ce que l’on cultive, son sol et les conditions climatiques de sa région. On doit aussi bien connaître les ennemis de ses cultures et les alliés qu’on peut retrouver dans l’écosystème. Les producteurs agricoles ne sont pas seuls face à ce défis, leurs conseillers agronomes sont là pour les épauler dans l’obtention des connaissances-clés afin de pouvoir prédire le développement de sa culture, des ennemis et des maladies et d’agir en conséquence.

B) Prévention

Beaucoup peut être fait pour protéger ses cultures avant même de semer. On peut mettre en place les meilleures conditions de croissance tout en évitant de créer des conditions favorables aux bio-agresseurs. Par exemple, la sélection de cultivars résistants à une maladie ou à un insecte peut éviter d’avoir à traiter les champs avec un pesticide plus tard. La planification de bonnes rotations est aussi cruciale. En ne plantant pas la même culture que l’année précédente dans un champ, on brise le cycle de vie des maladies et des ravageurs qui sévissaient. En plus, des rotations bien planifiées permettent d’utiliser plus intelligemment les ressources du sol. Mais la prévention ne s’arrête pas là, une gestion intelligente du niveau d’humidité par le contrôle de l’irrigation peut éviter le développement de maladies en réduisant les périodes où les conditions propices sont présentes. Il est essentiel en production intégrée d’utiliser ses connaissances, et celles de ses conseillers pour bien préparer la saison. Comme le dit l’adage, mieux vaut prévenir que guérir.

C) Suivi des champs

Le principe de la lutte intégrée, c’est de remplacer les pesticides autant que possible, et de ne les utiliser que quand ils sont vraiment nécessaire. Justement, pour savoir si une application est nécessaire, il faut constamment suivre ses champs. C’est là qu’intervient le dépistage. En lutte intégrée, on fait le suivi en continu des mauvaises herbes, des maladies et des ravageurs. Le dépistage visuel, qui consiste à marcher dans les champs et à repérer ou compter les ennemis est bien sur un outil, mais on peut aussi se servir de pièges. Avec les données récoltées, on peut prédire si la présence d’un ennemi est suffisante à un moment donné pour engendrer des problèmes plus tard. Pour cela, on utilise des seuils d’intervention ou des modèles prévisionnels qui aident à prendre la bonne décision.

D) Intervention

Lorsque les données de dépistage, les seuils d’interventions ou des modèles prévisionnels nous indiquent qu’il faut traiter ses champs, on a un choix à faire. On peut utiliser un pesticide, ou se tourner vers l’une des nombreuses alternatives efficaces qui ont été développées au fil des ans. En lutte intégrée, on privilégiera les alternatives. Il peut s’agir de méthodes mécaniques, particulièrement contre les mauvaises herbes, mais aussi d’autres techniques répertoriées sur Agrobonsens.com. Que ce soit les prédateurs naturels, les mâles stériles, ou la confusion sexuelle, les possibilités sont nombreuses. Il est utile de les connaître avant le début de la saison et d’en discuter avec son agronome. Dans certains cas, aucune alternative efficace aux pesticides n’existe encore. On se résoudra alors à utiliser un pesticide, en s’assurant de varier les modes d’action pour éviter le développement de résistance. On choisira aussi parmi les pesticides les moins nocifs à l’aide d’outils permettant de comparer leurs niveaux de risque come l’IRPEQ.

E) Évaluation et rétroaction

À la fin de la saison, il est bon de faire le point. On voudra mieux préparer la saison suivante pour encore réduire son utilisation de pesticides. Lorsqu’on a du utiliser des pesticides faute d’alternative, il est bon de se tenir informé de ce que trament nos chercheurs. Chaque année, des équipes partout au Québec travaillent à développer et à améliorer de nouvelles alternatives aux pesticides. Les producteurs intéressés peuvent même participer aux essais de ces nouvelles techniques, et ainsi être à la fine pointe de l’agriculture durable. La lutte intégrée, c’est avant tout un processus. Quel que soit l’endroit d’où l’on part, on peut toujours s’améliorer et réduire son emprunte sur l’environnement tout en dirigeant une entreprise agricole profitable.