Faits saillants

Généralités

  • Sert d’alternative à l’utilisation d’herbicides résiduels

  • Peut être implanté de la mi-avril jusqu’en août (annuelles) ou jusqu’à mi-octobre (céréales d’automne)

  • Peut se décliner en culture intercalaire, en paillis végétal ou en culture biofumigante

  • Complémente bien le non-labour

  • N’est pas compatible avec le sarclage et le pyrodésherbage durant leur saison de croissance

  • Diminue la banque de semences d’adventices au long terme

  • S’applique à tous les secteurs de production

Avantages

  • Favorise les ennemis naturels et les pollinisateurs

  • Protège la couche arable contre l’érosion et la perte de fertilité

  • Augmente la matière organique (s’il y a assez de biomasse produite)

  • Mobilise les éléments fertilisants en surface

Défis

  • Peut perpétuer une maladie ou un ravageur entre deux cultures

  • Efficacité dépendante de la météo

  • Nécessite un passage de machinerie supplémentaire pour le semis

DESCRIPTION TECHNIQUE

Une culture de couverture (ou engrais vert) est un couvert végétal de plantes qui couvre le sol en l’absence de culture. La culture de couverture peut s’effectuer à la dérobée (en alternance avec la culture principale), ou en intercalaire (entre les rangs d’une culture principale). De telles cultures permettent notamment de maintenir les microorganismes du sol actifs pour un sol en santé, de mobiliser les éléments fertilisants sujets au ruissellement ou situés en profondeur, de favoriser l’infiltration de l’eau au printemps (comme dans le cas du radis) et de briser les cycles de certains ravageurs et maladies (un peu comme une rotation). La culture de couverture choisie peut également favoriser la fixation de l’azote ou la libération du phosphore (association mycorhizienne). Dans tous les cas, une culture de couverture constituée à partir d’un mélange fournira plus d’avantages et une meilleure survie qu’une culture pure. Par exemple, les légumineuses ou les radis sont particulièrement appréciés en mélange avec une ou plusieurs espèces de graminées. Les cultures de couverture s’intègrent dans une régie intégrée car elles fournissent une couverture de sol limitant le développement des adventices.

  • Dans le maïs : on opte généralement pour de l’ivraie (raygrass), du pois fourrager ou du radis fourrager (tous soit à la dérobée ou en intercalaire).
  • Dans le blé : on choisit plutôt pour du pois fourrager, du radis fourrager ou de la moutarde biofumigante.
  • Dans le soya : on préfère le seigle allélopathique (qui peut aussi être roulé en paillis au semis), la luzerne, le trèfle blanc ou le lotier (ce dernier pouvant faire office de culture intercalaire).
  • Dans les légumes en champ : on opte le plus souvent pour du pois fourrager, une céréale à paille ou de la moutarde biofumigante.

Dans une variante plus large, qualifiée de « semis sous couvert végétal permanent » (SCV), chaque culture se termine avec un sous-semis de culture de couverture, laquelle sera utilisée comme plante-abri ou comme paillis végétal pour la culture suivante. Ainsi, le sol n’est jamais laissé à nu et les racines contribuent à garder les microorganismes actifs et les éléments nutritifs disponibles.

Mise en place
à la ferme

  1. Déterminer les besoins à remplir par une culture de couverture dans vos champs

  2. Choisir une période propice dans la rotation où intégrer une culture de couverture

  3. Choisir la culture de couverture ou le mélange en fonction des besoins et contraintes

  4. Procéder au semis

  5. Évaluer la levée et faire le point

Coûts

À partir de
60$/ha

À la dérobée, une culture de couverture coûte au minimum 60$/ha, dépendamment de la culture de couverture. Les moins chères seraient l’ivraie (raygrass), le radis fourrager, le trèfle blanc Huia et la moutarde.

Subventions

52-67$/ha
annuellement sur 10 ha et plus

Le programme Prime-Vert du MAPAQ subventionne 70 à 90% des coûts d’implantation de la culture de couverture (sur un montant forfaitaire de 75$/ha). On entend comme culture de couverture toute plante ou mélange de plante semé après (en dérobée) ou pendant (intercalaire) la culture principale et qui ne sera pas récolté ou détruit à l’automne (sont donc exclus les rejets de battage et les céréales d’automne). Maximum de 3000$/année par entreprise agricole. Une superficie minimale de 10 ha doit être protégée pour obtenir la subvention. Programme en vigueur jusqu’en 2023. Consulter votre bureau de direction régionale ou votre agronome pour plus d’information.

Retombées

Jusqu'à
16-22%
d'augmentation des rendements céréaliers

Selon un étude en cours de publication de l’Université Guelph, les rendements de maïs et de blé peuvent augmenter respectivement de 16 et 22% avec des cultures de couvertures. Quant au soya, l’augmentation n’est pas assez importante pour en tirer une conclusion.

Personnes-ressources

Carl
Bérubé

agr.
Club agri-action

Stéphanie
Mathieu

agr.
MAPAQ
450 347-8341 #4281

Anne
Weill

Ph.D., agr.
CÉTAB
819-758-6401 #2773

Sources : CRAAQ, 2016 / Tobin, 2018

Validé par Philippe Jetten-Vigeant, agr.