Faits saillants

Généralités

  • Sert d’alternative à trois organophosphorés aux indices de risques élevés

  • Technique utilisée sur près du tiers (environ 27%) des superficies d’oignon du Québec

  • Doit être conjugué au dépistage

  • N’est pas compatible avec l’utilisation d’insecticides contre le ravageur après les premiers relâchers

  • Devient plus efficace à long terme si les champs voisins utilisent la même technique

  • S’applique présentement à quelques cultures maraîchères

Avantages

  • Ne comporte aucun risque de résistance ou de phytotoxicité

  • Pas d’impacts sur les ennemis naturels

  • S’attaque à l’insecte avant qu’il ne cause de dommage sur la récolte, améliorant la commercialisation

Défis

  • Nécessite de l’accompagnement technique pour planifier les lâchers

DESCRIPTION TECHNIQUE

La technique des insectes stériles consiste à libérer au champ des mâles élevés et stérilisés en laboratoire, afin qu’ils se reproduisent avec des femelles sauvages et les rendent ainsi non fécondes. En effet, chez plusieurs espèces d’insectes, comme la mouche de l’oignon, la femelle ne peut pondre qu’une seule fois par génération et l’accouplement avec un mâle stérile débouche sur la ponte d’œufs vides. Les populations des ravageurs déclinent donc d’année en année et les taux d’introduction peuvent ainsi diminuer et ce, sans recours aux insecticides.

La technique peut être appliquée à une panoplie de ravageurs, mais un facteur limitant important est le niveau de connaissance requis pour leur élevage. Au Québec, la technique a été adaptée par Phytodata pour contrôler la mouche de l’oignon et des essais sont en cours pour l’adapter à la mouche du chou.Les mêmes chercheurs se sont également associés à l’IRDA pour développer la technique de lâcher de la drosophile à ailes tachetées stériles. Ailleurs dans le monde, la technique de l’insecte stérile est aussi utilisée contre le carpocapse de la pomme, le charançon de la patate douce, la lucilie bouchère, les mouches à fruits et les pyrales.

Champs d'application

Ail

  • Mouche de l'oignon

Oignon

  • Mouche de l'oignon

Oignon vert

  • Mouche de l'oignon

Poireau

  • Mouche de l'oignon

Canola

Chou-fleur

Chou pommé

Radis

  • Mouche du chou

Rutabaga

  • Mouche du chou

Bleuet

  • Drosophile à ailes tachetées

Framboise

  • Drosophile à ailes tachetées

Pomme

  • Carpocapse de la pomme

Mise en place
à la ferme

  1. Dépister la population du ravageur en continu afin d’estimer le calendrier des lâchers

  2. Effectuer les lâchers d’insectes stériles hebdomadaires

Distributeurs

Coûts

283-507$/ha
en moyenne pour 2019 avec le consortium Prisme

Les coûts de lâchers et de suivi des mouches roses, tous deux offerts par Prisme, varient selon les taux de lâchers. Ces derniers dépendent des populations de base, de la culture (les taux sont généralement plus bas dans l’oignon sec que dans l’oignon vert) et du nombre d’années sous utilisation d’insectes stériles. En 3 ans, les taux de lâchers peuvent diminuer de 35% en moyenne, tout en conservant le même niveau d’efficacité que le chlorpyrifos. Avec une telle diminution des coûts ainsi que la subvention en vigueur, même le taux de lâcher le plus élevé devient moins dispendieux qu’un traitement à dose moyenne de chlorpyrifos. Enfin, il est possible de moduler les taux de lâchers selon l’efficacité visée.

Subventions

70-90%
des dépenses admissibles

Programme Prime-Vert Volet 1 | Équipements et pratiques visant la réduction des risques liés aux pesticides – MAPAQ

  • 70-90 % des dépenses admissibles jusqu’à concurrence de 12 000$ / an
  • Programme en vigueur jusqu’en 2023
  • À noter que le cumul des subventions pour l’ensemble des Équipements et pratiques visant la réduction des risques liés aux pesticides ne peut dépasser 60 000$ pour la durée du programme
  • Le cumul des subventions pour l’Utilisation d’agents de lutte biologique et de phéromones (mouches stériles/diffuseurs à phéromones/trichogrammes) ne peut dépasser 12 000$ / an

Consulter votre bureau de direction régionale ou votre agronome pour plus d’information

Personnes-ressources

Anne-Marie
Fortier

M. Sc., entomologiste
Phytodata

Sources : Fortier, 2019 (comm. pers.) / Vreysen et al., 2010 / Moriya et al., 2001 / AIEA, 2019

Validé par Anne-Marie-Fortier, directrice scientifique chez Phytodata, et Philippe Jetten-Vigeant, agr.