Faits saillants

Généralités

  • Doit être conjuguée à un dépistage 

  • Technique utilisée sur près du tiers des superficies d’oignon du Québec

Avantages

  • Élimine le ravageur avant l’apparition des dégâts

  • Traitement sélectif : pas d’impact sur les auxiliaires

  • Constitue un remplacement efficace pour 2 insecticides organophosphorés dont les indices de risques sont très élevés

Défis

  • Ne peut être combiné avec des pesticides contre l’ennemi visé, sauf si l’application est effectuée juste avant le premier relâcher

DESCRIPTION TECHNIQUE

La technique des insectes stériles consiste à libérer au champ des mâles élevés et stérilisés en laboratoire, afin qu’ils se reproduisent avec des femelles sauvages et les rendent ainsi non fécondes. En effet, chez plusieurs espèces d’insectes, comme la mouche de l’oignon, la femelle ne peut pondre qu’une seule fois par génération et l’accouplement avec un mâle stérile résulte en la ponte d’œufs vides. Les populations des ravageurs tombent donc en déclin année après année et les taux d’introduction peuvent ainsi diminuer et ce, sans recours aux insecticides.

La technique peut être appliquée à une panoplie de ravageurs, mais un facteur limitant important est le niveau de connaissance requis pour leur élevage. Au Québec, la technique a été adaptée par Phytodata pour contrôler la mouche de l’oignon et des essais sont en cours pour l’adapter à la mouche du chou.Les mêmes chercheurs se sont également associés à l’IRDA pour développer la technique de lâcher de la drosophile à ailes tachetées stériles. Ailleurs dans le monde, la technique de l’insecte stérile est aussi utilisée contre le carpocapse de la pomme (Vreysen et al., 2010), le charançon de la patate douce (Moriya et Miyatake, 2001), la lucilie bouchère, les mouches à fruits et les pyrales (AIEA).

Champs d'application

Ail

  • Mouche de l'oignon

Oignon

  • Mouche de l'oignon

Oignon vert

  • Mouche de l'oignon

Poireau

  • Mouche de l'oignon

Canola

Chou-fleur

Chou pommé

Radis

  • Mouche du chou

Rutabaga

  • Mouche du chou

Bleuet

  • Drosophile à ailes tachetées

Framboise

  • Drosophile à ailes tachetées

Pomme

  • Carpocapse de la pomme

Mise en place
à la ferme

  1. Dépister la population du ravageur en continu afin d’estimer le calendrier des lâchers

  2. Effectuer les lâchers d’insectes stériles hebdomadaires

Distributeurs

Coûts

283-507$/ha
en moyenne pour 2019 avec le consortium Prisme

Les coûts de relâchers et de suivi des mouches roses, tous deux offerts par Prisme, varient selon les taux de relâchers. Ces derniers dépendent des populations de base, de la culture (les taux sont généralement plus bas dans l’oignon sec que dans l’oignon vert) et du nombre d’années sous utilisation d’insectes stériles. En 3 ans, les taux de relâchers peuvent voir une diminution de 35% en moyenne, tout en conservant le même niveau d’efficacité que le chlorpyrifos. Avec une telle diminution des coûts ainsi que la subvention en vigueur, même le taux de relâcher le plus élevé devient moins dispendieux qu’un traitement à dose moyenne de chlorpyrifos. Enfin, il est possible de moduler les taux de relâchers selon l’efficacité visée.

Subventions

70%
des coûts de relâcher

Le Programme d’appui à l’utilisation d’agents biologiques et de phéromones visant la réduction des risques liés aux pesticides par les entreprises agricoles du MAPAQ subventionne 70% des coûts en matériel et permet une aide financière maximale de 12 000$ par exploitation agricole sur la durée du programme. Programme en vigueur jusqu’en 2023 Consulter votre bureau de direction régionale ou votre agronome pour plus d’informations

Personnes-ressources

Anne-Marie
Fortier

M. Sc., entomologiste
Phytodata

Validé par Anne-Marie-Fortier, directrice scientifique chez Phytodata, et Philippe Jetten-Vigeant, agr.