Faits saillants

Généralités

  • Se rentabilise via l’apport en azote et la réduction du coût des semences

Avantages

  • Permet de réduire le recours aux herbicides et au sarclage pour un sol en santé

  • Peut constituer un apport en azote à libération lente de 30-100% des besoins pour une culture nitrophile suivant un trèfle intercalaire (IRDA, 2015)

Défis

  • Nécessite un passage de machinerie, sauf si le semis est fait à la volée en même temps qu’une autre opération culturale

  • Ne tolère pas la plupart des herbicides ni le sarclage, qui doivent donc être effectués avant leur semis

DESCRIPTION TECHNIQUE

Les cultures intercalaires sont des cultures de couverture protégeant le sol durant la croissance de la culture principale. Elle peuvent donc être semées avant l’émergence de la culture principale ou en cours de saison (aussi appelé sous-semis). Les cultures recommandées seront souvent moins portées à compétitionner la culture principale, mais auront assez de vigueur pour prendre sa place après la récolte. On obtient donc un sol mieux couvert en saison pour les cultures en rang, ce qui limite l’établissement d’adventices et améliore la fertilité du sol par plusieurs mécanismes. D’une part en limitant l’érosion, d’autre part en augmentant la matière organique et enfin en ramenant à la surface par leurs racines les éléments nutritifs plus profonds. Les cultures intercalaires s’intègrent dans une régie intégrée car elles fournissent une couverture de sol limitant le développement des adventices.

Lors du choix de la culture intercalaire, il est préférable de privilégier les cultures ou mélanges les plus complémentaires possible à la culture principale afin de minimiser la compétition. Une culture intercalaire ne doit pas gêner la levée de la culture principale, ni sa croissance. Dans le cas d’un sous-semis, on peut utiliser un épandeur d’engrais granulaire ou encore un semoir à la volée sur VTT alors qu’un semis avant la levée de la culture peut se faire avec un semoir à céréales standard. Comme pour les cultures de couverture, un semis sans incorporation nécessite un plus fort taux de semis qu’un semis en rang et engendrera plus de variabilité.

Une autre forme de culture intercalaire est l’enherbement permanent des cultures en allée comme les tomates, les poivrons, les aubergines et les arbres fruitiers. Ici, l’enjeu sera plutôt d’améliorer la portance sur les allées non cultivées, le plus souvent avec un ou plusieurs types de graminées.

Champs d'application

Avoine

  • Annuelles
  • Feuilles larges
  • Graminées

Blé

  • Annuelles
  • Feuilles larges
  • Graminées

Orge

  • Annuelles
  • Feuilles larges
  • Graminées

Seigle

  • Annuelles
  • Feuilles larges
  • Graminées

Maïs grain

  • Annuelles
  • Feuilles larges
  • Graminées

Soya

  • Annuelles
  • Feuilles larges
  • Graminées

Brocoli

  • Annuelles
  • Feuilles larges
  • Graminées

Framboise

  • Annuelles
  • Feuilles larges
  • Graminées

Pomme

  • Annuelles
  • Feuilles larges
  • Graminées

Raisin

  • Annuelles
  • Feuilles larges
  • Graminées

Aubergine

  • Annuelles
  • Feuilles larges
  • Graminées

Tomate

  • Annuelles
  • Feuilles larges
  • Graminées

Poivron

  • Annuelles
  • Feuilles larges
  • Graminées

Courges & citrouilles

  • Annuelles
  • Feuilles larges
  • Graminées

Melons

  • Annuelles
  • Feuilles larges
  • Graminées

Concombre

  • Annuelles
  • Feuilles larges
  • Graminées

Chou chinois

  • Annuelles
  • Feuilles larges
  • Graminées

Laitue

  • Annuelles
  • Feuilles larges
  • Graminées

Pois

  • Annuelles
  • Feuilles larges
  • Graminées

Haricots

  • Annuelles
  • Feuilles larges
  • Graminées

Mise en place
à la ferme

  1. Choisir l’espèce légumineuses en fonction de la vigueur de la culture, des herbicides utilisés, du type de sol et du moyen de contrôle voulu de l’intercalaire

  2. Déterminer les bons taux, méthodes et conditions de semis (une céréale d’automne ne permet que de semer à la reprise de la croissance alors qu’une céréale de printemps peut être sous-semée en pré-levée jusqu’à la récolte)

  3. Évaluer la levée de l’intercalaire

  4. Évaluer le besoin ou non d’un traitement herbicide

  5. Évaluer la survie hivernale puis le besoin ou non du contrôle de l’intercalaire par un traitement herbicide avant le semis de la culture suivante

Distributeurs

Coûts

50-175$/ha

La plupart des culture de couverture en intercalaire populaires avoisinent les 70$/ha, la moins cher étant le trèfle rouge semé avec la culture (43$/ha), suivi du radis fourrager, de la vesce velue, de l’ivraie et des mélanges de trèfles rouges et blancs, tous sous-semés dans la culture (CRAAQ, 2016).

Subventions

52-67$/ha
annuellement, sur 10 ha et plus

Le programme Prime-Vert du MAPAQ subventionne 70 à 90% des coûts d’implantation de la culture de couverture (sur un montant forfaitaire de 75$/ha). On entend comme culture de couverture toute plante ou mélange de plante semé après (en dérobée) ou pendant (intercalaire) la culture principale et qui ne sera pas récolté ou détruit à l’automne. Maximum de 3000$/année par entreprise agricole.

Une superficie minimale de 10 ha doit être protégée pour obtenir la subvention. Programme en vigueur jusqu’en 2023. Consulter votre bureau de direction régionale ou votre agronome pour plus d’information

Retombées

Jusqu'à
30-120$/ha
d'économies en azote en semant du trèfle

Dans le cas des trèfles, les économies en azote sur la culture suivante vont de 30 à 120$/ha dépendamment de plusieurs facteurs. Lorsque l’on déduit ce chiffre du coût des semis, le bilan net moyen se chiffre à un maigre 26$/ha de pertes (IRDA, 2015; OMAFRA, 2017). Outre l’apport en azote, les cultures intercalaires amènent cependant de nombreux autres avantages plus difficiles à chiffrer : elles peuvent servir de culture de couverture, d’engrais vert, de production semencière (afin d’abaisser le coût des semences), de culture-abri en système de semis sous couvert végétal permanent (SCV) ou encore de prairie. Sous ces formes, ces cultures contribuent à l’amélioration de la structure du sol (apport de matière organique, décompaction, etc.), retiennent les nutriments lessivables comme l’azote et diminuent les populations de certains ravageurs comme la chrysomèle des racines, la pyrale du maïs et le nématode à kyste du soja dans le cas du trèfle.

Personnes-ressources

Marc-Olivier
Gasser

Ph. D., agr., chercheur en conservation des sols
IRDA

Louis
Pérusse

agr. conseiller en semis sous couvert végétal
SCV Agrologie

Nadia
Surdek

agr. conseillère maraîchère
Pleine Terre

Validé par Philippe Jetten-Vigeant, agr.