Faits saillants

Généralités

  • Sert d’alternative à l’utilisation d’herbicides ainsi que le sarclage 

  • Doit être implanté l’automne précédent la culture sur paillis végétal

  • Complémente bien le non-labour

  • Incompatible avec le sarclage et le pyrodésherbage

Avantages

  • Protège la couche arable contre l’érosion et la perte de fertilité et stimule la santé du sol

  • Augmente la matière organique

  • Améliore l’apparence et la conservation des récoltes maraîchères en les protégeant des maladies du sol

Défis

  • Peut nécessiter une augmentation de la fertilisation azotée (peu inquiétant pour les légumineuses)

  • La complexité technique demande un accompagnement par un conseiller

DESCRIPTION TECHNIQUE

Le paillage, ou semis sur paillis, consiste à semer une céréale d’automne que l’on va rouler en paillis au printemps, autour de l’épiaison. La paille verte servira alors de paillis dans lequel sera semée la culture principale, avec ou sans travail du sol en bande. La céréale à paille fait d’abord office de culture de couverture en réduisant l’émergence d’adventices lors de la période critique en début de saison, jusqu’à être plus efficace que le glyphosate (MAPAQ, 2013). Le contrôle des adventices est également bonifié par l’action allélopathique des résidus de seigle qui ont un effet marqué sur l’émergence des feuilles larges annuelles (chénopode, amarante, moutarde). Pour la seconde moitié de la saison, le paillis protègera les cultures sensibles aux maladies du sol (tous les fruits botaniques: courges, tomates, raisins, etc.) contre les éclaboussures de ce dernier sur les fruits ou les feuilles (MAPAQ, 2013).

Le seigle doit être roulé vers l’épiaison avec entre 6,5 et 8 t/ha de biomasse et peut se faire avec une dose réduite de glyphosate (MAPAQ, 2011). Le soya peut être semé avant ou après le roulage, mais les autres cultures devraient être semées après le roulage.

La technique suscite beaucoup d’intérêt aux États-Unis et plus récemment au Québec, principalement dans certaines cultures maraîchères comme les courges, mais aussi dans le soya.

Champs d'application

Soya

  • Annuelles
  • Feuilles larges
  • Graminées
  • Anthracnose

Courges & citrouilles

  • Annuelles
  • Feuilles larges
  • Graminées
  • Oedème
  • Anthracnose
  • Chancre gommeux des cucurbitacées
  • Plectosporiose
  • Rhizoctone brun

Melons

  • Annuelles
  • Feuilles larges
  • Graminées
  • Oedème
  • Anthracnose
  • Plectosporiose
  • Rhizoctone brun

Concombre

  • Annuelles
  • Feuilles larges
  • Graminées
  • Anthracnose
  • Chancre gommeux des cucurbitacées
  • Rhizoctone brun

Chou chinois

  • Annuelles
  • Feuilles larges
  • Graminées
  • Anthracnose

Fraise

  • Annuelles
  • Feuilles larges
  • Graminées
  • Anthracnose

Haricots

  • Annuelles
  • Feuilles larges
  • Graminées
  • Anthracnose

Pois

  • Annuelles
  • Feuilles larges
  • Graminées
  • Anthracnose

Brocoli

  • Annuelles
  • Feuilles larges
  • Graminées
  • Anthracnose

Chou pommé

  • Annuelles
  • Feuilles larges
  • Graminées
  • Anthracnose

Tomate

  • Annuelles
  • Feuilles larges
  • Graminées
  • Anthracnose
  • Plectosporiose

Mise en place
à la ferme

  1. Établir avec votre agronome les bons taux et conditions de semis ainsi que la variété de céréale d’automne

  2. Déterminer la séquence des opérations et les outils nécessaires

  3. Procéder au crêpage du seigle et au semis de la culture principale

Distributeurs

Coûts

80-170$/ha
selon la variété

Comme il s’agît du coût principal, la rentabilité de la technique est grandement améliorée si la semence est prélevée d’une récolte sur place (les rendements et la qualité du grains étant moins importants).

Subventions

52-67$/ha
annuellement sur 10 ha et plus

Le programme Prime-Vert du MAPAQ subventionne 70 à 90% des coûts d’implantation de la culture de couverture (sur un montant forfaitaire de 75$/ha). Maximum de 3000$/année par entreprise agricole.

À noter que les céréales d’automnes qui sont récoltées ne sont pas admissibles à l’aide financière et qu’une superficie minimale de 10 ha doit être protégée pour obtenir la subvention.  Programme en vigueur jusqu’en 2023. Consulter votre bureau de direction régionale ou votre agronome pour plus d’information

Retombées

Lors d’un essai en régie biologique, le rendement du soya Phoenix était 18% plus élevé avec le paillis de seigle, comparativement à la parcelle sarclée. Par contre, il faut éviter de généraliser les conclusions de cette étude qui démontre que les résultats peuvent varier selon les années et les variétés. Somme toute, les champs de soya Phoenix, les champs à haut potentiel de rendement et les productions qui produisent leur propre semence de seigle sont le plus à même de rentabiliser cette technique sans l’aide de la subvention aux cultures de couvertures (voir plus haut). Il est également recommandé de commencer avec un essai avec votre conseiller.

Personnes-ressources

Isabelle
Couture

M. Sc., agr.
MAPAQ
514-778-6530 #6123

Carl
Bélec

B. Sc.
AAC

Sources : Girard et al., 2013 / Couture et al., 2011 / Leblanc et al., 2011 / Robert, 2017

Validé par Philippe Jetten-Vigeant, agr.