Faits saillants

Avantages

  • Améliore la résilience (i.e. diminue les risques de fortes infestations) en favorisant la biodiversité de la faune auxiliaire

  • Peut également faire office de bande riveraine et de haie brise-vent

Défis

  • Requiert la mise hors-culture d’une petite zone de champ moins productive (bordure, îlot rocheux, etc.)

DESCRIPTION TECHNIQUE

Les refuges pour ennemis naturels permettent à la faune auxiliaire, donc aux prédateurs et aux parasitoïdes, de proliférer et de mieux contrôler les populations de ravageurs au champ. Un refuge est donc simplement une section de champs qui ne reçoit pas de pesticides et qui contient une flore diversifiée (fleurs, herbes, arbustes) afin d’attirer et de protéger les auxiliaires. Les plantes présentes peuvent simplement être celles qui s’établiront après l’arrêt des traitements herbicides. Il faut cependant éviter de laisser s’installer des plantes hôtes de ravageurs comme le nerprun. Ces zones refuges peuvent être installées en milieu de champs afin d’encourager la migration des auxiliaires au milieu du champ, ou en bordure, où elles peuvent également faire office de bandes riveraines ou de haies brise-vent. D’une manière ou d’une autre, les refuges permettent de tirer profit d’une zone moins intéressante pour la culture (amoncellement de roches, pente abrupte, etc.). Le dépistage est un bon moyen à conjuguer avec l’aménagement de refuges afin de suivre l’évolution des populations d’ennemis naturels et de ravageurs, en plus de réduire le nombre d’applications et par conséquent les risques associés aux pesticides.

Mise en place
à la ferme

  1. Réduire les traitements insecticides à large spectre (IRE de plus de 100)

  2. Observer les prédateurs, les parasitoïdes et les signes de leur présence avec un biologiste ou un conseiller en agroenvironnement

  3. Mettre en place des refuges en bordure ou en milieu de champ en favorisant la biodiversité

  4. Estimer l’impact du parasitisme ou de la prédation lors des dépistages

Distributeurs

Coûts

Variable
selon les plantes choisies

Les refuges peuvent être établis à coût nul (soit simplement en cessant de cultiver une petite section d’un champ) ou au coût des végétaux implantés dans le cas d’un aménagement plus élaboré. Des coûts d’entretien peuvent également s’ajouter dépendamment de l’aménagement choisi. Il est somme toute plus simple de voir le coût comme une superficie de terres. Il sera alors plus rentable d’utiliser un morceau de terre peu productif (bordure, pente, zone humide, rocheuse ou peu productive) à cette fin.

Subventions

70-90%
des dépenses

Le programme Aménagements agroenvironnementaux durables intégrant des arbres et des arbustes ou étant favorables à la biodiversité du MAPAQ subventionne 70% à 90% des dépenses admissibles, jusqu’à concurrence de 40 000$ par exploitation agricole, et ce pour la durée du programme. Programme en vigueur jusqu’en 2023. Consulter votre bureau de direction régionale ou votre agronome pour plus d’informations.

Il est également possible d’obtenir du financement en déposant votre projet auprès d’ALUS Montérégie. Les projets retenus seront compensés financièrement sur 5 ans. Les superficies compensées ne peuvent pas inclure des exigences réglementaires (ie. 3 m de bande riveraine) et doivent être réalisées dans l’année suivant le financement.

Enfin, il est possible de déposer votre projet auprès de la Fondation de la faune du Québec dans le cadre du programme Mise en valeur de la biodiversité en milieu agricole. Le montant de l’aide financière accordée pourra couvrir jusqu’à 60 % des coûts du projet jusqu’à concurrence de 30 000 $. L’aide financière octroyée ne pourra s’étaler sur plus de deux années financières. Les projets doivent être déposés entre le 1er février et le 1er octobre de chaque année.

Retombées

Jusqu'à
59%
de diminution des dégâts potentiels de ver de l'épi du maïs attribué à la présence de chauve-souris

Les amphibiens, les chauve-souris et les oiseaux champêtres effectuent un contrôle des insectes largement sous-estimé. Les chauve-souris et les amphibiens participent au contrôle des papillons et des coléoptères (chrysomèles, altises, charançons, etc.). Ces derniers peuvent être encouragés respectivement par l’aménagement de milieux humides et de nichoirs. À juste titre, la petite chauve-souris brune, la plus importante au Québec, peut ingérer son poids en insectes en une seule nuit.  Pour savoir comment attirer ces dernières, consultez le guide du Groupe chiroptères Québec, conservez des arbres isolés et des milieux humides à des fins d’habitat, faites votre propre nichoir en suivant les instructions du guide ou faites-en l’achat ici. À titre d’exemple, la présence de chauves-souris dans un champ de maïs sucré pourrait diminuer les dégâts sur l’épi du ver de l’épi du maïs de 59% ainsi que les attaques de champignon qui y sont reliées de 20% (Maine & Boyles, 2015).

Personnes-ressources

Josée
Boisclair

agr., M.P.M.
IRDA

Julie
Bellefroid

chargée de projet
Dura-club

Validé par Josée Boisclair, agr. et Philippe Jetten-Vigeant, agr.