Faits saillants

Généralités

  • L’effet sur la santé du sol dépend surtout de la biomasse moyenne des cultures en rotation (Guelph, 2014)

Avantages

  • Diversifie les périodes de travail de pointe et les marchés financiers pour plus de stabilité du revenu et de la charge de travail

  • Les légumineuses (soya, fèves, prairies) diminuent la compaction et permettent de réduire la fertilisation azotée; elles peuvent également être données à forfait à Bonduelle

  • Les céréales à paille augmentent la matière organique par leur système racinaire développé; le blé et l’orge peuvent bénéficier de l’ASRA.

  • Les crucifères (canola, radis, chou) peuvent avoir un effet biofumigant sur certaines maladies et insectes (nématodes à galles, verticilliose, fonte des semis, etc.)

Défis

  • Nécessite l’acquisition et le développement de connaissances propres à une nouvelle culture

  • Les légumineuses sont des vecteurs de la sclérotiniose pour des cultures maraîchères comme les ombellifères (carotte, laitue, etc.) ou les crucifères (brocoli, radis, etc.) lorsque semées immédiatement après ou avant celles-ci

  • Les céréales à pailles sont vecteurs de plusieurs maladies (ie. fusariose) pour le maïs lorsque semées immédiatement après ou avant celui-ci

  • Les crucifères sont des vecteurs de la sclérotiniose pour des cultures comme les ombellifères (carotte, céleri, laitue, etc.) ou les légumineuses lorsque semées immédiatement après ou avant celles-ci

DESCRIPTION TECHNIQUE

La rotation des cultures est une mesure préventive cruciale qui vise à diminuer la fréquence de chaque culture au fil des ans. La diversification des cultures entraîne également une diversification des organismes associés: insectes bénéfiques et ravageurs, pathogènes, microbes biostimulants, etc. De ce fait, les chances de voir un ennemi des cultures donné dépasser les seuils de traitement sont moindre comparativement à une monoculture. La diversification de la banque de semences adventices entraîne également une persistance réduite de chaque mauvaise herbe. Enfin, les cultures utilisées dans une rotation peuvent constituer un moyen d’améliorer la santé du sol, qui elle-même a un impact majeur sur la santé des cultures.

Dans les grandes cultures, le principal problème de la rotation dominante (maïs-soya) est sa faible contribution à la matière organique du sol. Les céréales sont donc de bonnes cultures à envisager dans sa rotation.

Dans les cultures maraîchères, le principal problème de la plupart des rotation reste la forte pression des maladies et des ravageurs. En diversifiant sa rotation avec d’autres familles botaniques, les économies en pesticides et la qualité de la récolte sur les cultures plus lucratives peuvent contrebalancer la diminution en fréquence des cultures plus lucratives.

Mise en place
à la ferme

  1. Identifier les besoins en termes de présence de ravageurs/maladies, matière organique, azote, etc.

  2. Choisir la culture qui répond le mieux aux besoins identifiés

  3. Choisir dans quelle séquence la nouvelle rotation sera effectuée

  4. Semer sur une petite superficie la nouvelle culture afin de s’y familiariser

Subventions

Certaines cultures peuvent faire l’objet d’aides gouvernementales, comme c’est le cas pour plusieurs céréales avec l’ASRA.

Retombées

Jusqu'à
18%
d'augmentation de rendement de maïs

Une étude de l’Université Guelph a évalué les rendements en maïs suivant trois rotations, soit maïs continu, maïs-soya et maïs-soya-blé. Les rendements de maïs augmentaient de 6% en ajoutant du soya dans la rotation, puis d’un 12%  supplémentaire en ajoutant le blé. Les rendements de soya quand eux augmentent.

L’OMAFRA propose de mesurer les avantages économiques d’une rotation plutôt que d’une culture, comme ces dernières sont souvent choisies annuellement en fonction du prix de vente plutôt qu’en fonction des bénéfices chiffrables sur les cultures subséquentes. Une étude de l’OMAFRA fait également le détail des gains économiques de l’ajout de blé dans une rotation maïs-soya et arrive à une valeur de 292 $/ha sur les deux autres années de cultures. Les auteurs évaluent les hausse de rendement pour le maïs et le soya jusqu’à 6% et 14% respectivement suivant l’ajout d’une année de blé.

Personnes-ressources

Gilles
Tremblay

agr., conseiller en grandes cultures
MAPAQ

Odile
Carisse

Ph. D., phytopathologiste
AAC

Validé par Philippe Jetten-Vigeant, agr.