Faits saillants

Avantages

  • Prévient l’érosion et l’assèchement des sols sous le vent

  • Favorise la pollinisation

  • Protège les cultures pérennes en contrôlant l’accumulation de neige

  • Peut être constituée de plantes à valeur environnementale (refuge, bande riveraine, etc.) et/ou commerciale (bois, etc.)

Défis

  • Nécessitent un entretient annuel (taille, paillage, etc.) pour rester efficace

DESCRIPTION TECHNIQUE

Les haies brise-vent sont des rangées de végétaux, plus hauts que la culture, qui ralentissent le vent sur une distance importante et procurent ainsi des bénéfices intéressant à moyen et long terme, autant pour les cultures que pour la récolte forestière. Dans les cultures annuelles, elles favorisent l’accumulation de degrés-jours par le ralentissement du vent alors que dans les cultures pérennes, elles augmentent la survie hivernale en favorisant l’accumulation de neige.

Bien qu’une réduction des rendements se manifeste sur une distance équivalente à la hauteur de la haie (i.e. son ombrage à 45 degrés), l’accumulation d’unités thermiques par la réduction du vent se fait sentir sur une très longue distance, soit de 10 à 15 fois sa hauteur (assez pour contrebalancer les pertes de rendements).

Elles s’inscrivent dans le contexte de l’agroforesterie, qui regroupe des pratiques favorisant la biodiversité en milieu agricole et la récolte de bois. Il est notamment possible d’implanter des haies-brise-vent à intervalles réguliers (perpendiculaires au vents dominants) afin de tirer un maximum d’avantages des arbres avant de les récolter. C’est ce qu’on appelle un système agroforestier intercalaire.

Mise en place
à la ferme

  1. Identifier le meilleur endroit pour couper les vents dominants ou les corridors

  2. Déterminer la porosité (on vise généralement 40-60%) et le nombre de rangées voulues (1-3) en fonction des besoins

  3. Sélectionner les essences voulues en fonction de leur hauteur, leur croissance, leur prix et leurs retombées (bois, etc.)

  4. Préparer le terrain, puis le couvrir de paillis plastique ou organique (certains copeaux)

  5. Effectuer la plantation des arbres/arbustes

  6. Entretenir les arbres et replanter au besoin afin de maintenir la densité et l’efficacité de la haie

Distributeurs

Coûts

2,16-4,55 $/m
n'incluant pas le coût des arbres

C’est lors de la période d’implantation (5 ans) que les coûts principaux sont défrayés. Sur cette période, le CRAAQ estime des coûts allant de 2,16 à 4,55 $/m, auxquels s’additionnent les coûts des arbres (variable selon l’espèce et l’âge). Une fois l’implantation effectuée, l’entretien coûte entre 0,08 et 0,15 $/m pour les années subséquentes. Le délai de retour sur investissement d’une haie brise-vent typique se situe entre 11 et 15 ans; c’est-à-dire qu’une haie de 15 ans rapporte des bénéfices économiques à chaque année, sous forme d’augmentation de rendement. Les haies faites de saule hybride à croissance rapide peuvent se rentabiliser plus rapidement. Pour une idée plus précise, le simulateur économique de Biopterre peut être employé.

Subventions

70-90%
des coûts d'implantation et d'entretien

L’implantation des haies brise-vent est subventionnée dans le cadre du programme Prime-Vert du MAPAQ à hauteur de 70-90% des dépenses jusqu’à concurrence de 20 000$. La présence d’un paillis plastique ou organique (pas de paille) est obligatoire afin de toucher le financement. Le même programme subventionne l’entretien des haies (i.e. taille, remplacement des arbres morts). L’aide permet de rembourser jusqu’à 2 $/m linéaire pour un maximum de 4 000$ par année et 10 000$ pour la durée du programme. Programme en vigueur jusqu’en 2023. Consulter votre bureau de direction régionale ou votre agronome pour plus d’information

Il est également possible d’obtenir du financement en déposant votre projet auprès d’ALUS Montérégie. Les projets retenus seront compensés financièrement sur 5 ans. Les superficies compensées ne peuvent inclure des exigences réglementaires (ie. 3 m de bande riveraine) et doivent être réalisés dans l’année suivant le financement.

Retombées

Jusqu'à
15%
d'augmentation de rendement dans le maïs et le soya protégés

Les augmentations de rendements dans la zone protégée par un brise-vent peuvent atteindre 15% dans le maïs, 17% dans le soya, 10% dans le blé de printemps et 25% dans le blé d’automne (Brandle & Hodges, 2000). Le microclimat généré par les brise-vents (ie. le ralentissement du vent) accélère l’accumulation de degrés-jour et donc la maturité et le rendement. De plus, les brise-vents peuvent intercepter la neige (améliorant la survie hivernale des cultures pérennes). Enfin, le choix des espèces permet de générer de la valeur ajoutée soit en sélectionnant des espèces qui attireront la faune auxiliaire, soit en sélectionnant des espèces pouvant être récoltées pour leur bois ou leur fruits.

Les effets sur l’incidence de maladie, toutes cultures confondues, sont difficiles à évaluer car les haies brise-vent vont à la fois réduire la dispersion des spores mais également augmenter l’humidité de la zone protégée. De ce fait, on considère généralement l’effet à somme nulle. Dans le cas des insectes, les haies brise-vent font office de refuges pour les ennemis naturels (comme les coccinelles, les bruants, les corvidés ou les chauve-souris) en fournissant une réserve d’insectes sur lesquels ces derniers peuvent se rabattre en attendant l’arrivé des ravageurs. Ainsi, ils peuvent contribuer au biocontrôle de plusieurs ravageurs, notamment le doryphore de la pomme de terre

Personnes-ressources

Charles
Lussier

géographe
CLG Agfor

César
Largaespada

M. Sc.
ALUS
450 774-9154 #5219

Validé par Philippe Jetten-Vigeant, agr.