La technique des insectes stériles consiste à libérer au champ des mâles élevés et stérilisés en laboratoire, afin qu’ils se reproduisent avec des femelles sauvages et les rendent ainsi non fécondes. Le but est d’inonder les champs de mâles stérilisés pour qu’ils entrent en compétition avec les mâles sauvages fertiles. Le résultat visé : 2 mouches stériles pour 1 mouche fertile. On espère ainsi contrecarrer l’accouplement et favoriser la ponte d’œufs vides… comme les œufs de poules qu’on achète à l’épicerie. Ce faisant, les populations sauvages déclinent d’année en année, tout comme les taux d’introduction de mâles stériles. Tout ça, sans avoir recours aux insecticides! N’est-ce pas génial?

La technique peut être appliquée à une panoplie de ravageurs. Au Québec, la technique a été adaptée par Phytodata, la compagnie de recherche du Consortium PRISME pour contrôler la mouche de l’oignon (la fameuse Mouche Rose) et des essais très prometteurs sont en cours pour l’adapter à la mouche du chou.  Les chercheurs de Phytodata se sont également associés à l’IRDA pour adapter la technique au contrôle de la drosophile à ailes tachetées, connue pour faire des ravages dans les petits fruits. Ailleurs dans le monde, la technique de l’insecte stérile est notamment appliquée contre le carpocapse de la pomme (Programme Oskir), le charançon de la patate douce, la lucilie bouchère, les mouches à fruits et les pyrales. Élever des insectes en laboratoire demande une très bonne compréhension de leur biologie (qu’est-ce que ça mange en hiver cette bibitte-là?) et c’est souvent ce qui freine l’adaptation de la technique à d’autres ravageurs.